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Maîtriser l’utilisation des drones dans la recherche

7 juillet 2016

Au CNRS, une nouvelle politique d’utilisation des drones concilie maitrise des risques et besoins de la recherche.


©Frank Boston/Fotolia.com

Modéliser des sites archéologiques, explorer les zones inaccessibles à l’homme ou observer l’environnement, en quelques années, les drones sont devenus des outils indispensables à la recherche. Souvent légers, simples à utiliser, leur rapport qualité /prix est excellent. Comme dans d’autres domaines, leur utilisation doit être encadrée par des règles strictes. Afin de maîtriser les risques liés à l’utilisation d’aéronefs par les chercheurs, Philippe Gasnot, directeur de la sûreté du CNRS a été nommé conseiller aéronautique auprès du Président. En 2016, il a fixé un cadre d’utilisation des drones destiné aux unités de recherche. L’objectif ? Assurer la protection des chercheurs et alléger les contraintes administratives pour les unités.

Des responsabilités clarifiées

Désormais, c’est le CNRS ou la cotutelle de l’unité mixte - et non plus le télépilote lui-même - qui porte l’importante responsabilité « d’exploitant », telle que définie par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). À ceci près que « La responsabilité du CNRS s’applique dès lors que le chercheur observe les consignes du manuel d’activités particulières (MAP) », précise Philippe Gasnot. Élaboré par le CNRS, le MAP en question fixe les responsabilités des différents intervenants du laboratoire et précise les actions menées par les utilisateurs.

Formations dédiées

Autre évolution, les conditions de formation des utilisateurs ont été précisées. Comme le rappelle Philippe Gasnot, « Piloter un drone ne s’improvise pas ! » Cette formation comprend un volet théorique élaboré par la DGAC et un volet pratique personnalisé réalisé en centre de formation. De plus, le CNRS demande au télépilote de passer une visite médicale afin de prouver son aptitude à réaliser un vol à vue… c’est-à-dire à éviter les collisions ! Pour alléger les contraintes administratives et faciliter l’utilisation des drones, le CNRS a ouvert un espace « Avions, drones, ballons », sur sa plateforme collaborative Core. On y retrouve : la réglementation en vigueur, la politique d’utilisation du CNRS et le cahier d’activité aérienne indispensable pour effectuer un vol dans le cadre de la recherche.

Utiliser les drones à l’étranger

Cette nouvelle politique comporte également un volet international. « Mon rôle est d’accompagner les chercheurs dans l’obtention des autorisations de pilotage à l’étranger », explique Philippe Gasnot. Tout d’abord, le conseiller aéronautique du CNRS doit être informé de toute sortie du territoire. En parallèle, le chercheur doit se renseigner auprès des autorités locales sur la réglementation en vigueur. Il convient également de prendre connaissance des dispositions particulières liées au poids du drone, au transport des piles au lithium, à l’utilisation des fréquences radio ou encore au droit à l’image. Bon à savoir : s’il n’existe aucune instruction dans le pays d’accueil, c’est la loi française qui prévaut !

Marie-Edith Dorsinville

En savoir plus


Espace Core « Avions, drones, ballons »

Pour toute question, contactez Philippe Gasnot, Directeur de la Sûreté du CNRS, Conseiller aéronautique

Lire dans CNRS Le journal, Les drones, nouveaux outils de la recherche, mars 2015.

Découverte d’un nouveau monument grâce aux drones

En mai 2016, deux archéologues américains, Christopher Tuttle directeur exécutif du Conseil des Centres de Recherche Américain à l'Etranger (CAORC) et Sarah Parack du National Geographic, ont fait une découverte majeure en Jordanie. Grâce à des photographies prises par des drones et aux images satellites, les chercheurs ont révélé les contours d’un immense site archéologique souterrain dans la cité antique de Pétra.
La structure est enfouie sous le sable à environ 800 mètres de la cité. Invisible depuis le sol et située dans une zone difficilement accessible, elle ne pouvait être localisée que par un survol. Les photos prises par les drones ont notamment permis de dévoiler deux plateformes en pierre, dont l’une mesure près de 56 mètres sur 49 et l’autre 8.5 sur 8.5 mètres.
Bien que des campagnes de fouille aient régulièrement lieu à Petra depuis 1929, jamais l’existence d’un tel site archéologique n’aurait pu être envisagé sans les drones.
Cette grande découverte confirme le rôle indispensable des aéronefs dans la recherche.

 

 

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